Le langage nonverbal dans la communication didactique -

modèle résultÉ

d’une investigation concrÈte.

 

 

 

 

Florin Constantin Domunco

Carmen Cornelia Balan

 

 

 

 

On remarque l’importance plutôt théorétique que pratique de la distinction fréquemment rencontrée dans les sciences de communication entre verbal et nonverbal. En deuxième cas, leur réunion conduit à l’élaboration, à la transmission et à la captation correcte du message.

La complémentarité entre verbal et nonverbal est aussi présente dans le processus éducationnel. Par la dimension verbale du langage le professeur transmet la partie rationnelle des contenus, tandis que par sa dimension nonverbale il révèle son attitude, en  motivant ou en démotivant l’élève. 

En identifiant quelques signaux nonverbaux que les professeurs de l’Université «Stefan cel Mare» de Suceava les utilisent pendant les cours et les séminaires, l’étude a validé l’hypothèse que l’intérêt diminué des  étudiants est dû  aussi à la manière de laquelle les professeurs communiquent, par la dimension nonverbale de leur comportement, leur attitude envers les contenus émis.

Cadre théorétique et méthodologique général

 

 

En poursuivant l’obtention des effets et en évoluant en fonction du feed-back reçu, « la communication didactique est une communication instrumentale, directement impliquée dans le soutien d’un processus  d’enseignement » (Luminita Iacob, en Constantin Cucos,  2002). Dans cette démarche, le rôle du professeur est essentiel parce que, conformément  à sa manière d’être il sélecte, organise et personnalise les contenus enseignés, en les posant toujours sous le signe de la question «Avez-vous compris ?».

Ainsi, la réussite du processus d’enseignement dépend de l’utilisation d’un éventai le plus large possible de comportements. Si au niveau verbal d’un discours efficient le professeur poursuit à éliminer le surplus de messages, à adapter sa prononciation au rythme de la pensée des élèves, à les entrainer à écouter efficacement et à remarquer les avantages directs et indirects de la captation, de la compréhension et de l’enseignement du matériel présenté (voir Laurentiu Soitu, 2001, p. 162-163), au niveau nonverbal il s’établisse l’attitude de l’instituteur et aussi l’importance du contenus présenté.  On remarque que l’utilisation convergente de la communication verbale et nonverbale  allège l’acte d’enseignement.

Nous croyons qu’il est difficile de rencontrer une communication didactique sans de comportement nonverbal. Nous ne pouvons dire la même chose sur la manière de laquelle les professeurs savent compléter  le verbal par le nonverbal. Dans le sens ce qui a été dit fait foi l’attitude des étudiants qui affirment avec nonchalance que le plus souvent ils miment l’attention, c’est-à-dire ils « dorment les yeux ouverts » (Ovidiu Panisoara, 2002).

Il est bien connu le fait que le nonverbal joue un rôle très important dans les interactions humaines. David Abercrombie (1968, 55) affirmait qu’ « on parle par les organes vocales, mais on communique avec tout le corps. La communication est plus qu’un simple échange de mots.»

On affirme qu’une image dit plus qu’un mille de mots. C’est pourquoi cet étude se concentre sur l’image du professeur de l’Université « Stefan cel Mare » de Suceava. Il s’agit d’une image qui pourrait établir la mesure dans laquelle  « le sommeil les yeux ouvertes » de nos étudiants est dû au nonverbal spécifique au professeurs.

L’hypothèse de cette étude a été que l’intérêt diminué des étudiants pour l’acte didactique est dû aussi à la manière dans laquelle les professeurs communiquent, par la dimension nonverbale de leur comportement, leur attitude envers les contenus émis.       

Les signaux compris dans la liste proposée par Stefan Prutianu dans son ouvrage Communication et négociation dans les affaires ont étés différenciés en deux catégories – positifs et négatifs.

Signaux nonverbaux positifs

 

Les coins de la bouche arqués  en haut. Les extrémités des sourcils baissées

Les poings ouverts vers les étudiants

Tient une main derrière le dos

Serre le poignet

Les poings serrés  derrière le dos

Déboutonne le veston, défait les bras, des gestes dégagés

Il prend le bord de la table

Les poings sur les hanches ou sur les genoux

Il s’approche ou vient au bord de la chaise

Les bras ouverts

Le veston déboutonné

La tête en arrière, le front haut, il cherche le regard

Tient les mains derrière le dos ou dans les poches, les pouces dehors

Prend le revers du veston

Il se frotte les mains  

Il s’approche

 

Signaux nonverbaux  négatifs

 

Les coins de la bouche arqués  en bas. Les extrémités des sourcils levées

Il évite le regard

Il croise les bras

Le regard et le corps sont orientés vers la sortie

Il montre au doigt

Il passe sa main dans ses cheveux fréquemment, il frotte sa nuque

Il  griffonne quelque chose

Il tape des doigts sur la table

Les jambes croisées, il remue rythmiquement le pied

Il fait « phiu »,  il bredouille

Il prend et pince la peau de main

Il serre le maxillaire, ne regarde pas l’interlocuteur

Il tire ses oreilles, éloigne des duvets imaginaires

Il s’appuie contre la table ou autre chose

Il tient les mains à la nuque, regarde de haut

Les jambes croisées, les poings serrés, coupe dans la table

Caresse son menton, la tête en arrière, passe la main sur la face

Regarde au-dessus les lunettes ou les efface, tient le bras des lunettes dans la bouche

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La population de l’investigation a été constituée des étudiants de l’année terminale qui participaient aux cours du Département de la formation didactique, distribués en trois groupes, correspondant aux spécialisations de l’Université «Stefan cel Mare», Suceava (fig.1). 

·        Groupe A (profil didactique) – comprend les étudiants des Facultés de Lettres et Histoire-Géographie  (104 de personnes) ; la majorité d’étudiants de ces facultés fréquentent les cours du département, parce que leurs options professionnelles sont prépondérant didactiques ;

·        Groupe B (profil économique) – comprend les étudiants des Facultés de Sciences économiques et  Administration Publique (80  de personnes) ; les étudiants de ce groupe ont fréquenté les cours du département pour avoir une spécialisation en outre ; en ce qui concerne les contenus enseignés ils se situent à l’intersection des disciplines humanistes et celles techniques;

·        Groupe C (profil  technique) - comprend les étudiants des Facultés de la profession de l’ingénieur mécanique, électrique et de Sylviculture (56 de personnes) ; les étudiants de ce groupe ont fréquenté les cours du département pour une spécialisation en outre, tout aussi.

 

L’instrument de travail utilisé a été un questionnaire qui contenait 47 items. Les subjects  ont y répondu en indiquant, sur une échelle de 5 rangs combien de souvent leur professeurs utilisent les signaux nonverbaux mentionnés pendant les cours et les séminaires – 1 fort peu, 2 peu, 3 ni plus ni moins, 4 souvent, 5 très souvent.

Le questionnaire  a eu comme modèle la grille de catégories pour l’interprétation des messages nonverbaux  proposée par Stefan Prutianu (1998, p.90-91).

Les donnés d’identification compris dans le  questionnaire ont visé la faculté fréquentée, l’age, le sexe, le milieu de résidence de derniers dix ans, les derniers études et les professions des parents.

 

Le langage nonverbal de professeurs de l’Université «Stefan cel Mare» Suceava     

 

Ayant comme point de départ les interprétations de la théorie de communication, nous remarquons  que les gestes les plus utilisés par les professeurs de   l’Université « Stefan cel Mare » Suceava transmettent des messages qui expriment ouverture, maitrise de soi, positions conciliantes et ouvertes, de coopération (fig. 2).

 
 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En plus de relachement, confiance et désinvolture, les gestes communiquent aussi des messages négatifs qui dévoilent parfois l’ennui, la prudence, le manque de patience, et autrefois l’arrogance et même la méfiance dans l’attitude de professeurs.

Le manque des corrélations statistiques significatives des groupes A, B, C (didactique, économique et technique – fig.1), et le fait que les expressions nonverbales qui enregistrent les scores les plus grands sont caractéristiques aux jeunes révèlent le fait que les messages qui résultent du déchiffrage des signaux dépendent plutôt de l’age que du statut de professeur. Par conséquence,  l’image résultée est celle d’un jeune qui est aussi professeur. 

Ce fait est confirmé par les statistiques de l’Université qui montrent que les poids des professeurs jeunes  sont de 69%, et aussi par les analyses sur les catégories positif et négatif.

Ainsi, les gestes désinvoltes, le veston déboutonné, les poings et les bras ouverts, le rapprochement, les mains tenues  derrière le dos ou dans les poches, les pouces dehors font partie du comportement spécifique au jeune (fig. 3).

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 


Fig. 3

 

 

Même les gestes négatifs utilisés (fig.4) nous montrent un jeune spontané qui ne considère pas un manque de respect s’appuyer contre la table. Il reste une ersonne désinvolte qui n’hésite pas de griffonner quelque chose quand il s’ennuie. Il pose les mains dans les poches ou se croise les bras ne sachant pas que dans ce moment-là il transmet un  message négatif.  Et probablement parce qu’il aime la posture de professeur, il tient souvent les mains à la nuque, et regarde de haut.

Même si l’interprétation des informations obtenues a montré que les messages nonverbaux positifs ont 53 % (fig.5), on doit remarquer que leur ascendant sur le négatif n’est que très petit. Sur une échelle de 1 à 5, la moyenne des messages positifs est de 2,76 et celle des messages négatifs est de 2,42. Cela  nous donne le droit d’affirmer que l’attitude transmise par  nonverbal laisse à désirer, en affectant la transmission, la captation et l’assimilation des connaissances dans le processus d’enseignement.

 

En guise de conclusions

 

Le manque de corrélations significatives résultées entre les gestes et les messages possibles à l’appui de la communication didactique montre que ces comportements sont spontanés et acquis dans l’expérience propre et aussi le résultat d’un processus délibéré de formation.

Etant donné l’importance de ce type de communication dans le processus d’enseignement, la moyenne du nonverbal positif de seulement 2,76 recommande l’introduction d’un module de communication nonverbale dans la formation psihopédagogique.

 

 

 

Bibliographie

 

 

  1. Abercrombie, David. (1968), Paralanguage. British Journal of Disorders of Communication 3
  2. Chelcea, Septimiu. (2001), Metodologia cercetarii sociologice, Bucuresti, Editura Economica
  3. Cucos, Constantin coord. (2002), Psihopedagogie pentru examenul de definitivat si gradul II, Iasi, Editura Polirom.
  4. Novak, Andrei  (1998), Sondajul de opinie, Bucuresti, Editura, Oscar Print
  5. Prutianu, Stefan. (1998), Comunicare si negociere in afaceri, Iasi,  Editura Polirom
  6. Stanciulescu, Elisabeta. (1996), Teorii sociologice ale educatiei,  Iasi, Editura Polirom.
  7. Soitu, Laurentiu. (2001),  Pedagogia comunicarii, Iasi, Institutul European