Mythe personnel

et / ou

le mythe de la mondialisation:

le cas

des deux auteurs francophones grecs

du XXe siècle

 

 

 

Olympia Antoniadou

Doctorante au Laboratoire de Littérature Comparée

Université Aristote de Thessalonique

 

 

 

La production francophone grecque est née et développée sous des conditions très particulières par rapport aux autres cultures francophones, puisque en Grèce, on n’a jamais vécu l’expérience du colonialisme. Sans avoir de liens de dépendance directs avec la France, la francophonie grecque est fortement orientée, sinon ancrée, vers la culture française, cette dernière étant pour le développement de la littérature néo-hellénique, une sorte de mentor. Pendant tout le XIXe siècle, les auteurs francophones grecs ont fait connaître en Grèce certains courants et tendances littéraires et ils ont véliculé de nombreuses idées, de et vers la France. A nos jours, la dite ère de la mondialisation, les besoins qui motivent les écrivains à choisir le français pour s’exprimer semblent plus personnels, touchant parfois « les fantasmes personnels », imposé par un monde qui exige l’universalisme et le définit à partir d’une somme incomésurable de diversités[i]. 

Entre la mondialisation, qui ne correspond que superficiellement à l’universalisme[ii], s’interposent des forces qui, d’une part, dévoilent le caractère idéologique et problématique de l’universalisation et elles mettent en valeur les données locales, nationales, marginales et identitaires qui cherchent une reconnaisance internationale. En ce qui concerne la littérature, la tension dialectique qui s’exerce entre le local, le national, la marginal et l’identitaire d’une part, et le mondial, d’autre part, devient porteuse de transformations dans le canon universel[iii]. Mireille Calle-Gruber, propose un modèle concernant trois domaines essentiellement: a) quant à la langue, un procès de déconstruction place le rapport de propriété (la langue dite maternelle) à l’enseigne de la partition des voix; b) quant à la visée totalisante, un procès critique s’élabore par la pensée de la communauté et du commun; c) quant au rôle de l’intellectuel, un procès autoréfléxif en fait un être de partages, d’intermittences et de retrait[iv].

Il est évident que la mondialisation, souvent présentée comme phénomène négatif, entraîne avec elle certains processus positifs[v] même dans le domaine de la littérature: « il s’agit d’une littérature qui s’adresse donc au destinataire global. Les succès internationaux de certains romans pourraient être vus comme l’expression d’une conjonction heureuse – un kaïros – entre la nature de ces romans et les besoins du marché mondial »[vi]. Ces romanciers se sont imposés comme narrateurs du monde entier, tout en créant dans des productions romanesques particulières, mais à vocation globale. Un éventuel attentat de formuler une définition du « romancier universel », offrirait une bonne occasion de réfléchir à la philosophie du temps historique et de replacer celui-ci dans le contexte de deux domaines la littérature et la mondialisation. Le temps peut être saisi par deux mesures complémentaires, « la longue durée » qui « désigne les grands rythmes qui, à travers des modifications d’abord imperceptibles, altèrent les vieilles structures, en créant de nouvelles et mènent ainsi à leur terme des transformations sociales lentes mais irréversibles »  et « la courte durée » qui « est le domaine de l’événement par excellence »[vii].

Un aspect important de la globalisation contemporaine de la culture est la conscience d’exilé, devenue un composant important de la littérature contemporaine, tout comme l'exil[viii]. Pendant tout le XXe siècle, des raisons politiques et économiques ont forcé une partie considérable de la population du monde à émigrer. La globalisation implique une sorte de disparition des frontières, alors que l’exil consiste en perte de ses racines, de sa terre. La globalisation de la littérature et de la culture renforce l’état de l'exil de l'auteur. Parallèlement à la globalisation, il y a une sorte de déracinement global qui incite des auteurs à trouver leur patrie seulement dans leur écriture, dans l’ « espace de la mémoire et des mots »[ix].

Une dernière tentation de reconstruire le passé et l’ identité à travers le temps et la mémoire est l’autoréférence qui est très difficile, puisque l’auteur découvre soi-même à travers l’écriture autobiographique. La faiblesse de mémoire étant donnée, en résulte la présentation textuelle du passé, pleine des mythes[x], disons personnels. La notion du « mythe personnel », mise au point par Charles Mauron[xi], apparaît par superpositions de textes d’un même auteur qui font ressortir des réseaux d’associations et de groupements d’images obsessives. La répétition, involontaire, conduit à l’image du mythe personnel, interprété comme l’expression de la personnalité inconsciente de l’écrivain, confrontant les résultats de la lecture aux données biographiques. Le mythe personnel, raconté à la première personne du singulier comme du pluriel, suppose, lui aussi, un scénario minimum, dérivant des correspondant singulières qui existent entre les mythes antiques et la personnalité de l’écrivain, celui-ci étant « un homme en procès, […] condamné à une identité incertaine » [xii]. Part de cette démarche serait le concept freudien du « fantasme », c’est-à-dire ce travail de l’incoscient fait lors de l’intervalle, qui joue le rôle du processus de censure, de refoulement, d’investissement affectif et finalement de déformation, entre un événement réel et traumatisant et le récit qui en résulte[xiii], procédure de symbolisation définie par J.Leplanche et J.-B. Pontalis comme « scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, de façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l’accomplissement d’un désir, et, de dernier ressort, d’un désir inconscient » [xiv]. Les mythes, comme les fantasmes individuels sont une réponse à des questions intolérables et ils vivent aussi longtemps que ces situations persistent, composés des matériaux qui peuvent changer au fil du temps, mais dont l’essence est fixe.

La création du mythe personnel chez Margarita Lymperaki[xv]  à travers le monde  de l’écriture, est une idée qui est devenue obsession par son effort à se definir par rapport à l’Autre, elle a occupé sa vie d’écrivain. la quête du moi, Lymperaki essaie de la saisir et de la comparer à deux entités culturelles, française et grecque, créant ainsi un dialogue qui se déroule lors de son écriture, au cours d’une oeuvre centrée sur une « absence ». Afin de miner les contradictions profondes personnelles et la solitude, dûes à cette recherche deséspérée de l’identité aussi bien culturelle que personnelle, exprimée également à travers la déconstruction des représentations conventionnelles et négatives de la féminité, M.Lymperaki a recours au mythe littéraire grec, sous le besoin de trouver des outils aussi bien grecs qu’européens, [xvi], pas seulement au nom de leur “grecité” mais de leur caractère universel, les considérant comme la base la culture européenne [xvii]. Elle n’hésite, de plus, d’entremêler des éléments empruntés à la tradition religieuse chrétienne, comme le thème de la résurrection, et les marier avec les rituels des mythes primitifs, en créant ainsi, après avoir mis en contact pluisieurs démarches interculturelles, une sorte de culte diachronique et transculturel[xviii].

Margarita Lymperaki éprouvant toujours le sentiment de la marginalisation et de la double existence, accentuée par l’hantise de l’émancipation féminine, puise dans la boîte à outils des mythes antiques quelques situations types qu’elle usine ensuite à sa façon originale[xix] pour en faire naître ses propres histoires intemporelles. De plus, elle a objectivé sous une forme narrative des situations subjectives et des thèmes autobiographiques[xx]. Du quotidien et de l’ordinaire, Lymperaki a pu créer le mythique et l’imaginaire[xxi]. Elle connaît à fond les concepts littéraires aussi bien de l’Antiquité que de l’Occident, tout en les ornant de références attendries aux lieux de sa propre vie.

Avec Diaspora[xxii], la dernière œuvre de M.Lymperaki, qui consiste à un scénario bilingue, écrit en partie en grec, et en partie en français dont l’histoire se déroule en France, en Grèce et en Asie Mineure, le lieu des racines, en construisant un vrai « ménage à trois » pour la protagoniste. le trajet identitaire de Lymperaki, lancé avec son premier roman, Les Arbres[xxiii], atteint sa fin, résumé dans la réponse de Sikelianos à la question posée par Liberaki au début de son premier roman, sur l’immobilité des arbres : les arbres marchent avec leurs racines, sans cesse, profondément et patiemment vers leurs sources[xxiv]. La Grèce lointaine et absente, a pris de dimensions mythiques et devint pour Lymperaki, de peur de perdre sa grecité,[xxv] l’obsession d’un fantôme qui la poursuivait : « La Grèce-fantasme me chasse. La Grèce absente est toujours devant moi »[xxvi].

Un autre auteur francophone grec, Vassilis Alexakis[xxvii], à travers son propre mythe personnel, dans un milieu qui se veut multiculturel, enjambe le risque de miner son auto-détermination identitaire, s’assure sur sa propre originalité au-délà de ce mosaïque et, acquiert finalement une dimension universelle. A première vue, les notions du mythe personnel et celle de la mondialisation semblent apparemment radicalement opposées: le personnel contre l’universel. Le cas d’Alexakis, au contraire, témoigne comment le personnel, par sa nature en plein devenir, peut traverser plusieurs étapes et acquérir, enfin, des dimensions universelles, le plus souvent ancré dans le local. Représentant typique de tout expatrié, avec le recul constant à sa propre situation d’émigré, il crée un jeu de dédoublement identitaire, visant à décider à quelle culture (celle de naissance, la grecque, ou celle d’adoption, la française) il appartient.

Vassilis Alexakis, auteur de référence de la littérature francophone grecque, faisant part de la diaspora culturelle et intellectuelle grecque, après la publication de son roman Contrôle d’identité,[xxviii] à titre apparement significatif, où l’auteur est doublé d’un personnage hanté par la quête de son identité, publie, en 1989, son récit autobiographique[xxix], Paris-Athènes [xxx], avec lequel il ouvre grande la porte de la parfaite illustration de la situation universelle de l’écrivain grec de la diaspora. D’un ton profondément confessionnel, l’auteur évoque les efforts d’un individu de ne pas être assimilé totalement par la société française, voire la société d’accueil, sa prise de conscience de mieux s’exprimer en français qu’en grec. De ce discours confessionnel émerge une mélancolie provenue de la fatigue de vivre une sorte de « bigamie » ou de « menage à trois », autrement dit ce perpétuel « entre-deux », entre Paris-Athènes, - l’ordre privilégiant la destination préférée[xxxi].

Avec son roman La Langue maternelle[xxxii] Vassilis Alexakis se réconcilie avec ses racines grecques, tout en restant aux seins de la langue française. Le retour du héros narrateur par l’évoquation d’une série d’événements vécus dans leur majorité au pays natal, l’obligent de se rapproprier de sa langue et de sa culture maternelles, lesquelles il a failli oublier, en racontant les aléas de ses recherches, et en notant dans un carnet des mots qui commencent tous par un « epsilon »[xxxiii]. Ces mots, quarante au total, composent le «portrait » d'une absence, l’absence de la mère, morte peu de temps avant. Pour Alexakis, la recherche de la langue maternelle est bien plus qu’un divertissement. A chaque fois qu’il retrouve un mot oublié, c’est sa mère qui réapparaît devant lui, c’est comme il restaure son passé. L’enquête sur la lettre « E » n'est pas anodine. Elle prend même, peu à peu, une dimension existentielle. A la fin de son enquête, le narrateur semble avoir trouvé la réponse à l’énigme qui le hante: le sens de la lettre « E » est l’équivalent du manque, du grec ellipsis. La mort de sa mère correspond à son tour à une sorte d’éventuel découpage brutal et violent de ses racines ou évidement au dénuement du lien principal avec sa culture maternelle.

Alexakis utilise ses romans pour investiguer des problèmes aussi bien personels qu’universels. Il s’inspire fortement du local pour écrire des romans dont les problématiques n’en sont pas moins universelles : l’idenité, la rupture, l’isolement, la mort, l’amour. Les histoires qu’il raconte sont profondément ancrées dans le personnel, mais elles recoupent systématiquement l’universel. On rencontre chez Alexakis une sorte d’individualisation des types hymains, à l’épreuve du mondial, le lieu d’action élevé au niveau du macrocosme vue sous le prisme de la distance de la perspective d’une personne vivant sur les bords. Ce qui fait la sensation d'Alexakis vraiment déplacée et exilée en France est principalement cette manipulation des images qui semblent opérer son passé. C'est la liberté et la solitude de ceux qui n'appartiennent plus à un endroit, qui sont exilés de leur passé et de leur traditions, la liberté et la solitude de ceux qui écrivent dans un village, disons,  « global ». Et il semble qu’il est seulement dans la solitude et dans le silence de l’écriture que les exilés contemporains peuvent trouver leur patrie. A cet égard et bien qu’elle se situe en dehors de la littérature française ou grecque, l’œuvre d’Alexakis est une allégorie qui vise à donner une image à la fois historique et actuelle de l’identité.  Chacun de ses livres est une «stèle bilingue»[xxxiv]. En fait, et de façon exemplaire, toute narration, toute biographie ou autobiographie, tout témoignage est pour Alexakis d’abord écriture, une double «scène des langues»[xxxv] qui s’entre-lisent et entre-disent. Œuvrant dans la langue adverse pour planter racines, dans l'âge de l'hybridation linguistique, Alexakis souligne son état d’exil par sa aliénation linguistique, par une langue ordonnée, une langue enracinée dans le sol de du pays natal et le paysage, imbibée de la vie domestique et des objets du pays d’accueil.

L'expérience de l’héritage des deux pays coexistent en ses romans, provocant la tradition littéraire. C’est pourquoi les romans d’Alexakis discutent l’état postmoderne en préservant toujours dans les mots la valeur de la mémoire et l’acquis culturel de l'histoire et en plus, essayant d'empêcher la généralisation et l'oubli collectif.Alexakis opère cette douloureuse réécriture, alternée et altérée en l’occurrence des récits et rémoignages du passé. Si l’on considère l’ensemble de l’œuvre, on note aisément qua l’essence de l’écriture d’Alexakis est à plusieurs égards moins la quête de quelque identité que celle de la singularité dans l’altérité. Écrire dans la langue de l’Autre, c’est se voir vu par l’Autre, absent à soi-même. La réponse au dilemme qui le hante est donnée à travers une langue africaine «mineure», le sango, qui lui fraye le passage à s’esquiver de la bipolarité France-Grèce et qui érige son écriture au rang mondial, puisque c’est une écriture qui implique le sentiment non seulement d'appartenir à une même communauté solidaire, d'en partager les valeurs par delà les nationalités, les frontières et les cultures, mais aussi et surtout de respecter l’autrui, avec ses différences, en faveur de la diversité culturelle et du plurilinguisme. Vassilis Alexakis, arrive à concilier la littérature, ce lieu d’accueil et d’exercice de l’altérité avec la globalisation et ses visées d’emprise et de gain, en créant une littérature hors même des limites de la littérauture européenne ou francophone visant à la notion de Weltliteratur proposée par Gœthe selon des paramètres nouveaux, laquelle élargisse beaucoup l’horizon d’attente de son œuvre et elle ouvre grande la porte à un public interethnique.  Auteur enfin accepté non pas seulement par le public français ou grec, (finissant par être considéré grec par les Grecs et français par les Français)[xxxvi], francophone ou grecophone, mais aussi d’un public au rang universel, hanté presque toujours d’une quête identitaire sous plusieurs formes, qu’est-ce qu’il reste, à la fin, de son identité ? L’auteur se veut un peu comme les footballeurs :« […] Moi, je joue un peu en France »[xxxvii].

L’essence de la problématique de ces deux auteurs francophones grecs, une essence métissée, résultante d’une longue procédure d’inflitration de deux cultures, au fil des différentes divergences et convergences, se trouve assise dans une solution ultime de réconcilier les deux langues et les deux cultures, arrivée au bout de sa démarche vers ses racines[xxxviii]. Les thèmes de la diaspora, de l’exil politique et la manque de liberté, de l’immigration, de la quête identitaire à travers un itinéraire de plein Paris jusqu’aux monuments anciens grecs parmi lesquels glisse l’image de la Grèce moderne, dominent. Au fil de leurs œuvres, ils composent une mythologie personnelle, souvent mélancolique, aux tonalités de plus en plus singulières, à travers les portraits de personnages en quête d’eux-mêmes, et autant de variations sur la famille et les relations entre les hommes et les femmes, le plus souvent vécue comme une errance hantée par l’absence. Lymperaki hantée par la quête de l’identité féminine, Alexakis obsedé par la recherche d’une identité langagière[xxxix], tout en les exprimant via l’élaboration de thèmes universels et même transculturels, retournent vers leurs racines, en y trouvant enfin un point d’ancrage solide et réconciliant. Si l’on admet que la mondialisation se propose d’engendrer un modèle humain uniforme, l’ « homme unidimensionnel » « l’homme ‘mondial’, c’est-à-dire l’atome infra-humain, vidé de culture, de sens et de conscience de l’autre »[xl], on comprend pourquoi dans l'âge de la globalisation peut-être plus que jamais, les auteurs prennent conscience de l'universalité en recherchant dans le local, dans leur mémoire, dans l’héritage culturel de leur terre et de leur langue.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

ABASTRADO, Claude, Mythes et rituels de l’écriture, Bruxelles, Ed. Complexe, 1979.

ALEXAKIS Vassilis, Contrôle d’identité, Paris, Éditions du Seuil, 1985.

ALEXAKIS Vassilis, La Langue maternelle, Paris, Fayard, 1995.

ALEXAKIS Vassilis, Paris-Athènes, Paris, Éditions du Seuil, 1989.

AMBROSIONI, M.-G., « Exil global », in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.261-270. PAZ, O., Une planète et quatre ou cinq mondes. Réflexions sur l’histoire contemporaine, TR. J.C.Masson, Paris, Gallimard, 1985.

ANTONIADOU, Olympia, « L’élaboration du mythe du Roi Candaule  à travers l’oeuvre d’André Gide et de  Margarita Limberaki », Inter-Textes,  Thessalonique, 2002, no 4, p. 177-190.

ANTONIADOU, Olympia, « Margarita Lymperaki en quête de l’identité à travers la mythologie grecque et personnelle », La Francophonie dans les Balkans : Les voix des femmes, Paris, Publisud, 2005, p.51-71.

ANTONIADOU, Olympia Antoniadou, « Mondialisation et identité: le cas de Vassilis Alexakis», Agora, Revue d’études littéraires, Université « Babes-Bolyai », Faculté des lettres, Cluj – Napoca, Roumanie, 2005 (à paraître).

ANTONIADOU, Olympia, « L’exil de la langue maternelle à l’époque de la mondialisation », Actes du Colloque « mythe et Mondialisation », Suceava, 2005 (à paraître).

BENSTOCK, Shari, The private self : Theory and practice of Women autobiographical Writings, Routeledge, London, 1998.

CALLE-GRUBER, M., «Pour une analytique de la globalisation-Littératures de l’altérité :l’exemple d’Assia Djebar», in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.205-219.

FRERIS, Georges, Introduction à la littérature francophone. Panorama des littératures francophones (en grec), 1999, Thessalonique, Paratiritis, p.316-334

FRERIS, Georges Fréris, « La Littérature francophone grecque jadis et aujourd’hui », in Annales du Département d’Etudes Françaises de l’Université de Thessalonique, 1997, période B, v.3, p.65-78.

GAUVIN, Lise, L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris, Karthala, 1997.                             

Interview de Vassilis Alexakis à Paris Spinou, Kiriakatiki Eleftherotipia, juillet 2003, p.24.                                                                                                                                                                                                                                                              

KRYSINSKI, W., «La fin du siècle :systèmes littéraires et « régimes globalitaires »», dans Literatur im Zeitalter der Globalisierung, in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.147-158.

Le Nouveau Petit Robert, Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, (version électronique) de Paul Robert, (texte remanié et amplifié sous la direction de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey), Paris / Bruxelles, Le Robert - Bureau van Dijk, 1996.

LYMPERAKI Margarita, Les Trois Etés, (traduit du grec par Jacqueline Peltier), Paris, Gallimard, nrf (8e édition), 1950.

LYMPERAKI Margarita, Pour l’Absent. Rite vesperal, Athènes, Kedros, 1970.

LYMPERAKI, Margarita, Les Arbres, Athènes, éd. I Fili tou vivliou, 1945 / Kastaniotis, 1993.

LYMPERAKI Margarita, Theatrika Tetradia, n° 31, Thessalonique, mars 1997.

LYMPERAKI Margarita, Diaspora, Athènes,  Kastaniotis, 1999.

MAURON, Charles, Des Métaphores obsédantes au mythe personnel, Paris, Corti, 1963.

 « Mythe, théâtre, meurtre », (interview de Margarita Liberaki à Maria Papagiannidou), To Vima, 6-7-1997.

Naissance de la psychanalyse, trad. franç., Paris, PUF, 1956

OLLIER, Nicole, « Vassilis Alexakis à la Médiathèque de Talence », dans Desmos/le lien, Paris, no :6, 6/2001, p.35-45.

PAZ, O.., Une planète et quatre ou cinq mondes. Réflexions sur l’histoire contemporaine, TR. J.C.Masson, Paris, Gallimard, 1985.

PRATT, M.-L. « Comparative Litrature and Global Citizenship », in Comparative Literature in the Age of  Multiculturalisme, Ed.C. Bernheimer, Baltimore, London, The Johns Hopkins University Press, 1995.

SAHINIS, Apostolos, Nouveaux prosateurs. Vingt ans de prose néo-hellénique : 1945-1965, (en grec), Librairie d’Estia, Athènes, 1965.

 

 

NOTES



[i] Cependant, ce n’est pas un phénomène récent, mais elle fait son début juste après la IIIe croisade, dès 1204, une fois Constantinople fut saccagée par les Latins et certaines régions grecques furent dominées par les Francs. Pour une présentation minutieuse de la cause da la francophonie grecque, voir Georges Fréris, Introduction à la littérature francophone. Panorama des littératures francophones (en grec), 1999, Thessalonique, Paratiritis, p.316-334 et Georges Fréris, « La Littérature francophone grecque jadis et aujourd’hui », in Annales du Département d’Etudes Françaises de l’Université de Thessalonique, 1997, période B, v.3, p.65-78.

[ii] L’universalisme (1872; de universaliste) désigne le caractère d'une doctrine, d'une religion universaliste (mondialisme). A termes philosophiques, il s’agit d’une doctrine qui considère la réalité comme un tout unique, dont dépendent les individus (opposé à l’individualisme, l’atomisme) Voir la Version électronique du Nouveau Petit Robert, Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, de Paul Robert, (texte remanié et amplifié sous la direction de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey), Paris / Bruxelles, Le Robert - Bureau van Dijk, 1996.

[iii] W. Krysinski, «La fin du siècle :systèmes littéraires et « régimes globalitaires »», dans Literatur im Zeitalter der Globalisierung, in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann,.2000, p.154.

[iv] M. Calle-Gruber, «Pour une analytique de la globalisation-Littératures de l’altérité :l’exemple d’Assia Djebar», in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.208.

[v] M.-L Pratt,  « Comparative Litrature and Global Citizenship », in Comparative Literature in the Age of  Multiculturalisme, Ed.C. Bernheimer, Baltimore, London, The Johns Hopkins University Press, 1995, p.58-65.

[vi] W. Krysinski, «La fin du siècle :systèmes littéraires et « régimes globalitaires »», dans Literatur im Zeitalter der Globalisierung, in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.153.

[vii] O. Paz., Une planète et quatre ou cinq mondes. Réflexions sur l’histoire contemporaine, TR. J.C.Masson, Paris, Gallimard, 1985, p. 8.

[viii] Cinq siècles avant la création et la discussion intense du terme «globalisation», à la fin du XXe siècle, la conquête coloniale amorça, il y a cinq cents ans, la première phase d’une globalisation planétaire, non seulement militaire et politique, mais également économique et culturelle.

[ix] M.-G Ambrosioni., « Exil global », in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.261.

[x] Voir le livre de la spécialiste de l’autobiographie féministe, Shari Benstock, The private self : Theory and practice of Women autobiographical Writings, Routeledge, London, 1998.

[xi] Charles Mauron, Des Métaphores obsédantes au mythe personnel, Paris, Corti, 1963.

[xii] Claude Abastrado, Mythes et rituels de l’écriture, Bruxelles, Ed. Complexe, 1979, p.11.

[xiii] Voir Naissance de la psychanalyse, trad. franç., Paris, PUF, 1956.

[xiv] Vocabulaire de la psychanalyse, P.U.F., 1967, cité in Claude Abastrado, Mythes et rituels de l’écriture, Bruxelles, Bruxelles, Complèxe, 1979, p. 17.

[xv] Née à Athènes et élevée par son grand-père, l’éditeur Yorgos Fexis, après le divorce de ses parents, Maragarita Lymperaki (1919-2001) a fait son premier voyage à Paris, à l’âge de six ans. Une fois ses études de droit à l’Université d’Athènes terminées, elle se dévoue à l’ écriture. Installée sédentairement à Paris en 1946, à l’époque de la guerre civile grecque, période riche en mouvements littéraires et philosophiques en France, Lymperaki fait la connaissance d’ écrivains éminents de son temps, comme Albert Camus, Eugène Ionesco et Samuel Beckett, ainsi que ses intellectuels grecs, Elytis, Kambas, Axelos, Papaïoannou et Castoriadès. Influencée des idées littéraires européennes et des théories existentialistes puis marxistes, elle apporte des traits modernistes et novateurs à son œuvre. Sa production littéraire, créée en France et en Grèce et composée tantôt en français, tantôt en grec, très souvent est traduite par elle-même, tout en essayant de « retrouver » la langue maternelle qu’elle avait « trahie ».  Dans la présente étude, on cite seulement les éditions française de ses oeuvres : L’Autre Alexandre, adaptation du roman homonyme au théâtre, écrite en grec mais initialement mise en scène en français, à l’Alliance Française, à Paris, en 1957, éditions Gallimard, Les Danaïdes, Gallimard, Paris, 1963, Le Saint Prince, Gallimard, Paris, 1963, Sparagmos, revue Lettres Nouvelles, octobre–novembre 1967/ C.Bourgois, Paris, 1973, Erotica, C.Bourgois, 1974, To Mistiko Krevati  est écrite d’abord en français, en 1967 ; puis en grec en 1972 et publiée par les éditions Εrmis, en 1980, L’Autre Alexandre, Paris, Gallimard, nrf, coll. « le manteau d’arlequin », 1957, Les Trois Etés, (traduit du grec par Jacqueline Peltier), Paris, Gallimard, nrf (8e édition), 1950.

[xvi] Margarita Liberaki, Theatrika Tetradia, n° 31, Thessalonique, mars 1977, p. 3.

[xvii] « Mythe, théâtre, meurtre », (interview de Margarita Liberaki à Maria Papagiannidou), To Vima, 6-7-1997.

[xviii]Voir Olympia Antoniadou, « Margarita Lymperaki en quête de l’identité à travers la mythologie grecque et personnelle », La Francophonie dans les Balkans : Les voix des femmes, Paris, Publisud, 2005, p.51-71.

[xix] Voir aussi Olympia Antoniadou, « L’élaboration du mythe du Roi Candaule  à travers l’oeuvre d’André Gide et de  Margarita Limberaki », Inter-Textes,  Thessalonique, 2002, no 4, p. 177-190.

[xx] Sahinis Apostolos, Nouveaux prosateurs. Vingt ans de prose néo-hellénique : 1945-1965, (en grec), Librairie d’Estia, Athènes, 1965, p.78.

[xxi] Sahinis Apostolos, op.cit., p. 76.

[xxii] M.Lymperaki, Diaspora, Athènes,  Kastaniotis, 1999.

[xxiii] M.Lymperaki, Les Arbres, Athènes, éd. I Fili tou vivliou, 1945 / Kastaniotis, 1993.

[xxiv] Lettre d’A.Sikelianos à M.Liberaki (25-7-1945), parue à la deuxième édition du roman Les Arbres, op.cit., p.10.

[xxv] Lymperaki avoue cette peur dans sa note à la fin de son oeuvre Pour l’Absent. Rite vesperal, Athènes, Kedros, 1970, p. 33 et dévoue son oeuvre aux amis absents, à ceux qui ont perdu leur mémoire aux pays étrangers, à ceux qui ont oublié leur langue et souffrent p.15.

[xxvi] Margarita Liberaki, Diaspora, op.cit., p. 19 ( la traduction est effectuée par nous).

[xxvii] Né à Athènes, Vassilis Alexakis (1943-), après ses études à Lille, regagne la France en 1967, une fois le coup d'Etat en Grèce éclaté. Passé d’abord par le journalisme et le dessin humoristique, il publie plusieurs romans, en écrivant alternativement en grec et en français. Auteur de plusieurs romans, aphorismes, essais, nouvelles ainsi qu’histoires illustrées pas ses propres dessins, il se trouve dans un perpétuel va-et-vient entre Paris, Athènes et Tinos. Oeuvres : Le  Sandwich, (roman), Julliard, Paris, 1974, Les  Girls  du  City-Boum-Boum,  (roman), Julliard, Paris,1975,  réédition : Seuil, coll. “Points Romans”, no 547, Paris, 1992, La  Tête  du  chat, (roman),  Seuil,  Paris, 1978, Talgo, (roman), Le Seuil,  Paris,  1983 (épuisé), réédition: Fayard, Paris, 1997, Contrôle  d’identité,  (roman), Le Seuil,  Paris,  1985 (épuisé), réédition: Stock, Paris, 2000, Paris-Athènes, (récit), Le Seuil,  Paris,  1989 (épuisé), réédition: Fayard, Paris, 1997, Avant, (roman), Le Seuil, Paris, 1992, (prix Albert Camus), La Langue maternelle, (roman), Fayard, Paris, 1995, (prix Médicis); Le Livre de Poche, no 14038, 1996, Papa, (nouvelles), Fayard, Paris, 1997, (prix de la Nouvelle de l’Académie française); Le Livre de Poche, no 14639, 1999, Le Coeur de Marguerite, (roman), Stock, Paris, 1999; Le Livre de Poche, no 15332, 2002,  Les Mots étrangèrs, (roman), Stock, Paris, 2002, Je t’oublierai tous les jours, Stock, Paris, 2005.

[xxviii] V. Alexakis, Contrôle d’identité, Paris, Éditions du Seuil, 1985.

[xxix] Sur les éléments autobiographiques du roman Paris-Athènes, voir Nicole Ollier, « Vassilis Alexakis à la Médiathèque de Talence », dans Desmos/le lien, Paris, no :6, 6/2001, p.35-45.

[xxx] V. Alexakis, Paris-Athènes, Paris, Éditions du Seuil, 1989.

[xxxi] Olympia G. Antoniadou, « Mondialisation et identité: le cas de Vassilis Alexakis», Agora, Revue d’études littéraires, Université « Babes-Bolyai », Faculté des lettres, Cluj – Napoca, Roumanie, (à paraître).

[xxxii] V. Alexakis, La Langue maternelle, Paris, Fayard, 1995. Pavlos, le narrateur, journaliste à Paris depuis plus de vingt ans, retourne à Athènes sans raison apparente. Perplexe, désœuvré, il observe la ville, ce qui se passe autour de lui. Il laisse son attention s'arrêter sur une question a priori sans conséquence: pourquoi une lettre isolée, l'epsilon, ornait-elle l'entrée du temple d'Apollon où officiait la Pythie de Delphes? Pavlos se prend au jeu de cette énigme. Il mène une enquête déambulatoire qui l'entraîne dans les rues d'Athènes, aux terrasses des cafés, dans les bibliothèques, chez son frère en province, à Delphes, mais avant tout dans sa langue maternelle qu'il avait oubliée.

[xxxiii] Ce « epsilon » est l’appelation de la lettre « e » en grec.

[xxxiv] Expression empruntée à Mireille Caulle-Gruber, op.cit., p. 214.

[xxxv] Mireille Caulle-Gruber, op.cit., p. 214.

[xxxvi] Vassilis Alexakis a reçu plusieurs prix littéraires aussi en France qu’en Grèce et il est aussi inclu dans le Dictionnaire des auteurs français paru en 1997.

[xxxvii] Interview de Vassilis Alexakis à Paris Spinou, Kiriakatiki Eleftherotipia, juillet 2003, p.24. Traduction faite par nous.

[xxxviii] A ce propos, rappelons l’observation de Lise Gauvin sur le cas particulier de l’auteur francophone : « Condamné à chercher cette autre langue ou cette troisième langue qui lui appartient en propre, il n’en participe que mieux de cette expérience des limites […] qui s’appelle Littérature ». Lise Gauvin, L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris, Karthala, 1997.                                                                                                                                                                                                                                                                                             

[xxxix] Voir Olympia Antoniadou, « L’exil de la langue maternelle à l’époque de la mondialisation », Actes du Colloque « mythe et Mondialisation », Suceava, 2005 (à paraître).

[xl] Pratt, « Comparative Litrature and Global Citizenship », in Comparative Literature in the Age of  Multiculturalisme, Ed.C. Bernheimer, Baltimore, London, The Johns Hopkins University Press, 1995, p.56.