Nostalgie habsbourgeoise et
Bucovine interethnique chez Joseph Roth et Gregor Von Rezzori.
Résumé : La Bucovine, ancien
territoire moldave rattaché à l’Empire Habsbourg en 1774 fit l’objet entre
cette date et 1918 d’une intense politique coloniale qui eut pour conséquence
une grande diversification de son peuplement. La multiculturalité dans cette
région, de même que dans le territoire voisin de la Galicie orientale, vit
alors s’épanouir le mythe littéraire d’un Empire Habsbourg protecteur des
minorités et garant de la civilisation sur les marges entre Europe et Russie.
L’insécurité politique et sociale dans les anciens confins orientaux de
l’Empire d’Autriche explique la perpétuation de ce thème dans la littérature
dans l’Entre-deux-guerres et jusqu’au début des années 1990.
On a coutume de faire débuter l’histoire de cette région
de la Moldavie avec l’attribution à l’Empire d’Autriche d’un « coin de
terre », selon l’expression de l’Empereur Joseph II, entre la Galicie, arrachée à la Pologne en 1772 et
la Transylvanie, par le Traité de Koutchouk-Kainardji (1774).
La période de la domination autrichienne (1774-1918) favorisa grandement l’activité
économique. La province bénéficiant d’une position de carrefour entre les Empires autrichien,
russe, et ottoman, par le biais de son vassal moldave, connut une prospérité
soudaine, qui fut aussi le fait d’une intense politique coloniale (arrivée de
mineurs allemands de Bohême et de Zips pour exploiter les mines de manganèse,
d’artisans polonais et juifs originaires de Galicie, et de paysans ruthènes
fuyant à la fois le service militaire et les impôts qui les accablaient en
Galicie voisine). Période ainsi évoquée par Gregor Von Rezzori décrivant une
province « imaginaire » d’Europe centrale ou orientale, la
« Teskowina » dont le nom rappel curieusement celui donné à sa région
natale par les Autrichiens[i]: « «Ouvert à l’est sur le
plateau des steppes padoliennes, le territoire montueux, tertiaire, riche en
loess, de la Teskowina a été durant des millénaires livré à l’invasion des
nomades barbares.» Ainsi parlait M. Alexianu, qui fut pendant un temps notre
précepteur, durant le cycle de notre éducation très décousue et peu
systématique. Il nous fit apprendre par cœur cette phrase à l’une de nos premières
leçons de géographie ethnique pour nous familiariser avec l’idée que dans nos
veines se mêlait le sang des Daces, des Romains, des Gépides, des Avares, des
Petchenègues, des Koumanes, des Slaves, des Hongrois, des Turcs, des Grecs, des
Polonais et des Russes. En conséquence la Teskowina était comme on disait, «fortement
panachée, sous le rapport ethnique». Au XIVème siècle, de grands seigneurs
terriens dont les noms résonnaient à nos oreilles comme les jurons que nous
entendions abondamment autour de nous – Bogdan Siktirbey, par exemple –
fondèrent des Voïvodats, ainsi qu’on les appela, qui tombèrent sous la
suzeraineté turque. En 1775, la Sublime Porte céda notre patrie à l’Autriche.
D’abord rattachée à la Galicie, la Teskowina devint plus tard une terre
d’Empire indépendante. De cette époque historique, M. Alexianu ne parlait
qu’avec répugnance. Pourtant, elle avait marquée d’un sceau indélébile l’aspect
du site – du moins au temps où nous y vivions. Dans les couchers de soleil des
fins d’été, brillait encore un reflet de la gloire de la défunte monarchie
bicéphale»[ii].
Le mythe de la civilisation de
Czernowitz et de la Bucovine comme territoire où se réalise enfin la fusion des
peuples de l’Empire tant souhaitée par Joseph II est un thème central de tous les travaux de ceux
qui se penchent sur l’histoire de cette région.
Le destin incroyable d’une
province germanophone où les Allemands ne représentaient que 8% de la
population, la fortune d’une ville coupée de Vienne et de Prague par la « Semi-Asie » et dont le
niveau culturel égale largement celui des métropoles d’Europe centrale, qui
détachée de l’Autriche et de l’Allemagne, rattachée aux Balkans par la nouvelle
puissance tutélaire qui a charge de son destin, parvient à produire un nouveau
courant de la poésie allemande « l’expressionnisme bucovinien »[iii]
(dont l’un des représentants, Paul Celan, est considéré comme le plus grand
poète allemand de l’époque contemporaine) fascine. Sa fin spectaculaire, qui se
produit en six jours de l’année 1940, pourrait être illustrée par la
formule de Gregor Von
Rezzori rendant compte du destin tragique de sa province natale: « l’hermine
meurt quand son pelage est souillé »[iv].
Durant toute la période
autrichienne, chercheurs, écrivains ou dramaturges ont cherché à montrer la
spécificité de cette région, « élève modèle », « enfant
chérie » de l’Autriche-Hongrie. Ici, les communautés étaient sensées
cohabiter harmonieusement, rendre grâce à l’œuvre civilisatrice germanique et
finalement fusionner pour donner naissance – dans la joie, autant que possible
- à un peuple nouveau : le peuple autrichien. La Bucovine était devenue
avant même 1848 la vitrine de l’Autriche face au désert des Tartares, la
frontière culturelle de l’Europe face à l’Asie...
A la fin du XIX° siècle et jusqu’en
1940 la Bucovine connut le développement d’une haute civilisation urbaine dans
sa capitale Czernowitz ( Cernăuţi en Roumain, Černivci en
Ukrainien). C’est cette ville, modèle de cohabitation ethnique, creuset
culturel dans lequel devait naître un homme nouveau, l’autrichien de langue
allemande, indifféremment de ses origines ethniques et que l’écrivain Karl Emil
Franzos décrit ainsi en 1876 à l’occasion des festivités données pour
l’ouverture de l’université : « Chaleureuse et somptueuse, la
ville s’étale sur une colline altière. Dans sa proximité, le voyageur est
envahi par un étrange sentiment : comme s’il se trouvait déjà en Occident,
où l’on peut accéder à l’éducation, aux mœurs raffinées et aux nappes d’un
blanc éclatant. Et s’il cherchait une explication à cette merveille, il
n’aurait qu’à prêter l’oreille à la langue parlée par ses habitants :
l’allemand »[v]. A cette époque,
et dès les années 1840, l’image de Czernowitz est utilisée dans la presse
viennoise comme symbole d’une possible assimilation par l’Est d’une culture
germanique de modèle centre-européen. L’émergence d’une bourgeoisie de langue
allemande, prospère, dynamique et avide de culture, dans la capitale
bucovinienne qui a favorisée l’entrée de Czernowitz dans les grands circuits
des tournées d’artistes qui amènent régulièrement la culture viennoise dans les
grandes villes de l’Empire tend à cristalliser autour du nom de la capitale
d’une province reculée de l’Empire le mythe d’une oasis culturel autrichienne « vaillamment
dressée face au chaos de l’Est »[vi]
et celui d’un citoyen modèle de la monarchie habsbourgeoise :
« l’Homme bucovinien ».
En fait,
l’hypothétique spécificité culturelle bucovinienne n’existe réellement que dans
les villes les plus importantes de la province, et y est surtout le fait des
classes moyennes et supérieures. L’ « Homo
bucovinensis » est un avant tout un produit de la culture
citadine provinciale autrichienne. La ville de province, éloignée du foyer
ethno-démographique allemand, et de l’aire culturelle centre-européenne,
concentre dans un espace réduit l’essentiel des populations instruites de la
région qui y assurent des fonctions administratives, économiques ou
socio-culturelles indispensables au fonctionnement de la province.
Du fonctionnaire des postes
tchèque au médecin juif galicien, en passant par l’officier autrichien et le
prêtre polonais, se crée dans des villes de taille réduite une société qui, par
nécessité, utilise l’allemand comme langue de communication, langue qu’ils ont
en partage bien qu’elle ne soit pas toujours leur langue maternelle. Population
bigarrée des villes à l’image des classes sociales inférieures que dépeint
Gregor Von Rezzori un jour de marché à Czernowitz : « Ici les
Juifs marchandaient des vêtements usés, les Arméniens achetaient des ballots de
laine et du maïs par voitures entières, les Lippovans vantaient leurs beaux
fruits (…). Quelquefois des femmes Houtsoules se prenaient de querelle avec
tout un troupeau d’Allemandes (…) ; les Tziganes raclaient leurs violons
et les joueurs de bonneteau, avec deux as noirs et un rouge qu’ils lançaient et
reprenaient à une vitesse étourdissante, délestaient de leurs sous gagnés
péniblement des paysans attardés qui bâillaient sottement aux corneilles
(…) »[vii].
C’est ici que l’on découvre la
lucidité de Gregor Von Rezzori sur le monde qui l’entoure. Fasciné par sa ville
natale dont il en fait l’un des personnage principaux dans « l’Hermine
souillée » en 1957, il continuera à partir de cette date à décrire une
société qui semble de plus en plus en plus éloignée de l’image policée qu’en
donnaient les sources autrichiennes, roumaines ou ukrainiennes, chacune tentant
de se l’approprier et offrant des descriptions contradictoires du microcosme
Czernowitzois. Jusqu’en 1997, date de sa mort et de la publication en Allemagne
de ses mémoires, il tente de restituer dans son œuvre une civilisation
multiculturelle qui ne survivra pas aux bouleversements que constitue la chute
des Habsbourg et la seconde guerre mondiale. Ses œuvres nous décrivent
d’ailleurs un Cernowitz de l’entre-deux-guerres dont le destin se joue
désormais à Bucarest capitale d’une grande Roumanie qui garantit jusqu’en 1924
le statut d’autonomie d’une région dont l’allemand demeure, jusqu’à cette date,
la langue officielle. Malgré cette période transitoire dès la fin de la
Première Guerre Mondiale Gregor Von Rezzori constate le désarroi de populations
appartenant dorénavant à un pays dont elles ne connaissent rien et qui tentent
de retrouver leurs repères dans un monde dont l’essence a été changée de
manière radicale et presque à leur insu : « Entre nous et le monde
d’où nous tirions le sentiment de notre propre valeur, se dressaient maintenant
des barrières. Pour aller à Vienne, il fallait franchir six frontières. Les
lettres mettaient des semaines à arriver. » Mais il souligne aussi la force des
habitudes, le poids du présent face à l’histoire refusant de se laisser happer
par des descriptions orientées par des analyses a posteriori : « Nous
n’avions guère le loisir de nous rendre compte de ce qui se passait autour de
nous. Ça ne nous dérangeait pas que les panneaux noir-jaune-or des postes de
douanes aient été repeints en bleu, rouge, et jaune. Ni que Czernowitz
s’appelât maintenant Cernăuţi.(…) Cela ne nous faisait ni chaud ni
froid d’être devenus des citoyens roumains. Les seuls Roumains que nous voyions
étaient les officiers de la caserne de cavalerie toute proche, lorsqu’ils
passaient à cheval devant la grille de notre jardin, bariolés comme des soldats
d’opérette. Ce n’était pas un changement radical par rapport aux Autrichiens.
Cela enflammait peut-être plus encore mon imagination, parce qu’il y avait là une part
d’étrangeté et de mystère me semblait-il.»[viii]
Les descriptions de la Bucovine
de l’Entre-deux-guerre laisse peu de place à l’évocation d’un sentiment de
nostalgie, d’une idéalisation d’une période où d’un régime politique qu’il comparerait ou
opposerait à un autre.
Si comme
Joseph Roth il place au cœur de son œuvre le problème de l’identité culturelle
dans un espace régional où la mixité des populations des langues et des
religions a permis l’émergence d’identités de transitions entre les différents
groupes ethniques et confessionnels. Gregor Von Rezzori ne laisse que peu de
place à la nostalgie « austrophile » et lorsqu’il décrit Kassandra -
sa nourrice – pur produit du creuset Habsbourgeois, il se démarque radicalement
d’un Joseph Roth dont les personnages les plus bigarrés servent un discours
idéalisant le temps béni de l’Empire Habsbourg.
Ainsi dans «Les neiges d’antan»
la nourrice de Gregor Von Rezzori personnage emblématique de son récit,
démontrant l’ampleur des interférences culturelles à l’œuvre dans la région est
ainsi décrite alors que l’auteur tente de déterminer ses origines
ethniques : «L’hypothèse la plus immédiate, c’est qu’elle était Houtsoule,
et donc fille de ces Gorals des montagnes qui parlent ruthène et vivent au nord
des Carpates, dont on dit qu’ils sont les descendants directs des Daces qui,
devant les Romains, avaient fui vers le monde sauvage et primitif des forêts.
Mais Kassandra pouvait être aussi bien Roumaine c’est-à-dire un produit de
toutes ces peuplades qui, avaient déferlé sur notre pays ; car elle
parlait les deux langues, le roumain comme le ruthène – l’un aussi mal que
l’autre, il est vrai, ce qui était très souvent le cas en Bucovine. Elle les
mélangeait en y mêlant des bribes de toutes les autres langues en usage chez
nous. Le résultat en était cet absurde jargon qui n’était compris que de moi,
et à grand-peine par ceux qui, comme elle, devaient présenter ce qu’ils avaient
à dire dans un pareil manteau d’Arlequin linguistique.»
Ce portrait pourrait être
complémentaire de celui réalisé par Joseph Roth d’un individu qui lui aussi
éprouve quelques difficultés à se définir ethniquement : « (…) il
était l’un des plus nobles et des plus purs spécimens de l’Autrichien par
excellence, c’est-à-dire un homme au dessus de toute nationalité, et, par
conséquent, un noble de la véritable espèce. Si on lui avait demandé par
exemple – mais à qui une idée aussi peu sensée serait-elle venue à
l’esprit ? – à quelle « nation » ou à quelle peuple il avait le
sentiment d’appartenir, le comte serait demeuré sans comprendre, stupéfait
même, devant son interlocuteur, et, vraisemblablement aussi, ennuyé et quelque
peu indigné. D’après quels indices aurait-il pu déterminer s’il faisait partie
de telle ou telle nation ? »[ix].
Contrairement à Gregor Von Rezzori Joseph Roth, en nous dressant dans
l’Entre-deux-guerre le portrait d’un des survivants de cette société
multi-ethnique forgée autour du culte de l’Empereur et de la maison Habsbourg
dans la Galicie voisine devenue polonaise, ne cherche ni à dissimuler une
certaine nostalgie à l’égard de l’ancien régime ni un jugement de valeur
faisant de « l’Autrichien », qui correspond à la notion d’Homme
bucovinien déjà évoquée précédemment, un individu moralement supérieur dont
les valeurs s’oppose au nationalisme. Un nationalisme méprisable au même
titre que les cultures indigènes : « L’esprit national, on le voyait
nettement à la période dont je parle, était le produit et l’expression de la
vulgarité d’âme de tous ceux qui constituent le niveau le plus vulgaire d’une
nation moderne. Il s’agissait d’ordinaire de photographes qui étaient aussi
volontaires dans le corps des pompiers, de prétendus peintres auxquels
l’absence de talent avait interdit de trouver une patrie à l’académie des
Beaux-Arts, et qui de ce fait étaient devenus peintres d’enseignes ou
tapissiers, d’instituteurs mécontents qui auraient voulu être professeurs, de
préparateurs qui auraient aimé être docteurs en pharmacie, d’assistants
dentaires qui n’avaient pu être dentistes, de petits employés des postes, du
chemin de fer ou des banques, de garde-chasse et, d’une façon générale de tout
ceux qui, à l’intérieur de chacune des nations de l’Empire austro-hongrois,
prétendaient vainement à être pleinement reconnus au sein de la société
bourgeoise. Peu à peu, les « classes supérieures » cédaient elles
aussi, bien qu’à Vienne, Brünn, Prague, Czernowitz, Troppau, n’avaient jamais
été que des Autrichiens, se mettaient alors, obéissant aux « exigences de
leur temps », à se réclamer de la « nation » polonaise, tchèque,
ukrainienne, allemande, roumaine, slovène, croate… »[x].
Finalement, on peut s’interroger
sur la réalité de la cohabitation harmonieuse des nationalités dans une
province aussi multiethnique que la Bucovine. Mis en avant de façon récurrente
entre 1849 et 1918, le thème de la cohabitation harmonieuse de communautés de
langues et de religions différentes servait à justifier l’œuvre civilisatrice
autrichienne et fut utilisé ainsi pour justifier la main-mise de l’Autriche sur
des régions où l’élément germanophone ne constituait qu’une minorité parmi
d’autres. Les limites de l’Empire, matérialisées par ces postes de douanes
peints en jaune et or évoqués par Gregor Von Rezzori, devaient devenir dans
l’esprit des peuples coloniaux celles de la civilisation qui accorde sa
protection aux faibles donc aux minorités.
La survivance du mythe culturel
de l’harmonie interethnique dans l’Entre-deux-guerres et l’idéalisation, dans
l’œuvre de certains auteurs de la période, de la domination Habsbourg se font
dans un contexte de montée de l’insécurité pour des communautés ayant perdu
leur ancien statut privilégié[xi]
ou une protection durement acquise[xii].
La montée des idéologies extrêmes, mais aussi une insécurité sociale,
conséquence de la crise économique de 1929, font de l’Empire Habsbourg, encore
auréolé de sa gloire politique et militaire sur ses marges orientales[xiii],
un monde perdu pour des aristocrates déchus et des classes moyennes appauvries.
Dès lors le succès du mythe de l’Empire Habsbourg prend de l’ampleur alors
qu’en Europe grandissent les peurs et qu’irrémédiablement le second conflit
mondial s’apprête à ravager l’ancien paysage de l’œuvre civilisationnel
Habsbourg et à le détruire à jamais. Le processus semble a priori être le même
chez les auteurs qui, après la Seconde Guerre Mondiale - c’est le cas de Gregor
Von Rezzori mais aussi d’Aharon Appelfeld - décrivent le paysage multiculturel
de leur Bucovine natale. Pourtant, si l’on décèle une nostalgie chez ces
auteurs, c’est celle d’un pays encore épargné par la guerre plutôt que celle
d’une œuvre prétendue civilisatrice. Ainsi, Gregor Von Rezzori n’éprouve aucune
illusion à l’égard de l’Empire Habsbourg lorsqu’il parle avec humour des
Allemands de Bucovine comme « engrais de civilisation » ; c’est que les crimes nazis ont désormais
entaché tout discours tendant à mettre en exergue l’œuvre civilisatrice
germanique à l’Est de l’Europe. Von Rezzori
évoque, ainsi, sa nostalgie de la Bucovine habsbourgeoise, pas celle du régime
Habsbourg.
Corbea (Andrei), La Bucovine
éléments d’histoire politique et culturelle, Paris, Institut d’études
slaves, 2005, 155p.
Heymann (Florence), Le crépuscule des
lieux, Paris, Stock, coll. Un
ordre d’idées, 2003, 360p.
Iacobescu (Mihai), Din istoria Bucovinei, Bucureşti,
Editura Academiei Române, 1993, 550p.
Le Rider (Jacques), La Mitteleuropa,
Paris, Presses Universitaires de France, Que sais-je ?, 1998, 127p.
Le Rider (Jacques), «La démystification du mythe habsbourgeois », Austriaca n°54,
2003, pp.107-115
Rezzori (Gregor Von), L’hermine
souillée, Paris, Gallimard,1961, 424p.
Rezzori (Gregor Von), Les neiges d'antan, Paris, Salvy, 1993,
380p.
Rezzori (Gregor Von), Sur mes
traces, Mémoires, Paris, Editions du Rocher, 2004, 311p.
Roth (Joseph), Le buste de
l’Empereur, le marchand de corail, nouvelles, Paris, Seuil, Le don des
langues, 1996, 250p.
Notes
* Doctorant en Géographie au Laboratoire TIDE
(Territorialité et Identités dans le Domaine Européen), CNRS-UMR 6588, Université
de Bordeaux 3, chargé de cours à Sciences Po Bordeaux. Courriel : beaumont_frederic@hotmail.com
[i] La province portait jusqu ‘en 1918 le nom
officiel de «Duché autonome de Bukowina» mais était parfois désignée sous celui
de Buchenland «pays des hêtres» traduction exacte de ce toponyme
d’origine slave.
[ii] Gregor Von Rezzori, L’hermine souillée,
[iii] Paul Celan, Rose Ausländer, Alfred
Margul-Sperber, Selma Meerbaum-Eisinger, Ninon Hesse (la femme de Hermann
Hesse), sont les représentants les plus connus de l’expressionnisme bucovinien.
[iv] Gregor Von Rezzori, L’Hermine souillée,
Paris, Gallimard, 1961, p.11
[v] Karl Emil Franzos, « Von
Wien nach Czernowitz », Aus Halb-Asien. Culturbilder aus Galizien, der Bukowina,
Südrussland und Rumänien,
t.1, Leipzig, 1876, p.112-113, cité dans Andrei Corbea-Hoisie, La
Bucovine, éléments d’histoire politique et culturelle, Paris, Institut
d’études slaves, 2004, p.133.
[vi] Gregor Von Rezzori, Les
neiges d’antan,
[vii] Gregor Von Rezzori, Les neiges d’antan,
Paris, Salvy, 1993, p.372
[viii] Gregor Von Rezzori, Sur mes traces,
Mémoires, 2004, p.32-33
[ix] Joseph Roth, Le buste de l’Empereur, le
marchand de corail, nouvelles, Paris, Seuil, Le don des langues, 1996,
p.186.
[x] Joseph Roth, op.
cit., p.193
[xi] C’est le cas de l’élément allemand par
exemple.
[xii] C’est le cas des Juifs.
[xiii] Rappelons que l’Autriche-Hongrie triomphe aux
côtés de l’Allemagne en signant dans le courant de 1918 des armistices séparés
avec la Russie et la Roumanie.