Mythe personnel
et / ou
le mythe de la mondialisation:
le cas
des deux auteurs francophones grecs
du XXe siècle
Olympia Antoniadou
Doctorante au Laboratoire de
Littérature Comparée
Université Aristote de
Thessalonique
La production francophone
grecque est née et développée sous des conditions très particulières par
rapport aux autres cultures francophones, puisque en Grèce, on n’a jamais vécu
l’expérience du colonialisme. Sans avoir de liens de dépendance directs avec la
France, la francophonie grecque est fortement orientée, sinon ancrée, vers la
culture française, cette dernière étant pour le développement de la littérature
néo-hellénique, une sorte de mentor. Pendant tout le XIXe siècle, les auteurs
francophones grecs ont fait connaître en Grèce certains courants et tendances
littéraires et ils ont véliculé de nombreuses idées, de et vers la France. A
nos jours, la dite ère de la mondialisation, les besoins qui motivent les
écrivains à choisir le français pour s’exprimer semblent plus personnels,
touchant parfois « les fantasmes personnels », imposé par un monde
qui exige l’universalisme et le définit à partir d’une somme incomésurable de
diversités[i].
Entre
la mondialisation, qui ne correspond que superficiellement à l’universalisme[ii], s’interposent
des forces qui, d’une part, dévoilent le caractère idéologique et problématique
de l’universalisation et elles mettent en valeur les données locales,
nationales, marginales et identitaires qui cherchent une reconnaisance
internationale. En ce qui concerne la littérature, la tension dialectique
qui s’exerce entre le local, le national, la marginal et l’identitaire d’une
part, et le mondial, d’autre part, devient porteuse de transformations dans le
canon universel[iii].
Mireille Calle-Gruber, propose un modèle concernant trois domaines
essentiellement: a) quant à la langue, un procès de déconstruction place le
rapport de propriété (la langue dite maternelle) à l’enseigne de la partition
des voix; b) quant à la visée totalisante, un procès critique s’élabore par la
pensée de la communauté et du commun; c) quant au rôle de l’intellectuel, un
procès autoréfléxif en fait un être de partages, d’intermittences et de retrait[iv].
Il est évident que la
mondialisation, souvent présentée comme phénomène négatif, entraîne avec elle
certains processus positifs[v]
même dans le domaine de la littérature: « il s’agit d’une littérature qui
s’adresse donc au destinataire global. Les succès internationaux de certains
romans pourraient être vus comme l’expression d’une conjonction heureuse – un kaïros – entre la nature de ces romans
et les besoins du marché mondial »[vi].
Ces romanciers se sont imposés comme narrateurs du monde entier, tout en créant
dans des productions romanesques particulières, mais à vocation globale. Un
éventuel attentat de formuler une définition du « romancier
universel »,
offrirait une bonne occasion de réfléchir à la philosophie du temps historique
et de replacer celui-ci dans le contexte de deux domaines la littérature et la
mondialisation. Le temps peut être saisi par deux mesures complémentaires,
« la longue durée » qui « désigne les grands rythmes qui, à
travers des modifications d’abord imperceptibles, altèrent les vieilles
structures, en créant de nouvelles et mènent ainsi à leur terme des transformations
sociales lentes mais irréversibles »
et « la courte durée » qui « est le domaine de
l’événement par excellence »[vii].
Un
aspect important de la globalisation contemporaine de la culture est la
conscience d’exilé, devenue un composant important de la littérature
contemporaine, tout comme l'exil[viii]. Pendant tout le XXe siècle, des raisons politiques et économiques ont forcé une partie
considérable de la population du monde à émigrer. La globalisation implique une
sorte de disparition des frontières, alors que l’exil consiste en perte de ses
racines, de sa terre. La globalisation de la littérature et de la culture
renforce l’état de l'exil de l'auteur. Parallèlement à la globalisation, il y a
une sorte de déracinement global qui incite des auteurs à trouver leur patrie
seulement dans leur écriture, dans l’ « espace de la mémoire et des
mots »[ix].
Une dernière tentation de
reconstruire le passé et l’ identité à travers le temps et la mémoire est
l’autoréférence qui est très difficile, puisque l’auteur découvre soi-même à
travers l’écriture autobiographique. La faiblesse de mémoire étant donnée, en
résulte la présentation textuelle du passé, pleine des mythes[x],
disons personnels. La notion du « mythe personnel », mise au point
par Charles Mauron[xi],
apparaît par superpositions de textes d’un même auteur qui font ressortir des
réseaux d’associations et de groupements d’images obsessives. La répétition,
involontaire, conduit à l’image du mythe personnel, interprété comme
l’expression de la personnalité inconsciente de l’écrivain, confrontant les
résultats de la lecture aux données biographiques. Le mythe personnel, raconté
à la première personne du singulier comme du pluriel, suppose, lui aussi, un
scénario minimum, dérivant des correspondant singulières qui existent entre les
mythes antiques et la personnalité de l’écrivain, celui-ci étant « un
homme en procès, […] condamné à une identité incertaine » [xii].
Part de cette démarche serait le concept freudien du « fantasme »,
c’est-à-dire ce travail de l’incoscient fait lors de l’intervalle, qui joue le
rôle du processus de censure, de refoulement, d’investissement affectif et
finalement de déformation, entre un événement réel et traumatisant et le récit
qui en résulte[xiii],
procédure de symbolisation définie par J.Leplanche et J.-B. Pontalis comme
« scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, de façon plus
ou moins déformée par les processus défensifs, l’accomplissement d’un désir,
et, de dernier ressort, d’un désir inconscient » [xiv].
Les mythes, comme les fantasmes individuels sont une réponse à des questions
intolérables et ils vivent aussi longtemps que ces situations persistent,
composés des matériaux qui peuvent changer au fil du temps, mais dont l’essence
est fixe.
La création du mythe personnel chez Margarita
Lymperaki[xv] à travers le monde de l’écriture, est une idée qui est devenue
obsession par son effort à se definir par rapport à l’Autre, elle a occupé sa
vie d’écrivain. la quête du moi, Lymperaki essaie de la saisir et de la
comparer à deux entités culturelles, française et grecque, créant ainsi un
dialogue qui se déroule lors de son écriture, au cours d’une oeuvre centrée sur
une « absence ». Afin de miner les contradictions profondes
personnelles et la solitude, dûes à cette recherche deséspérée de l’identité aussi
bien culturelle que personnelle, exprimée également à travers la déconstruction
des représentations conventionnelles et négatives de la féminité, M.Lymperaki a
recours au mythe littéraire grec, sous le besoin de trouver des outils aussi
bien grecs qu’européens, [xvi], pas seulement au nom de
leur “grecité” mais de leur caractère universel, les considérant comme la base
la culture européenne [xvii]. Elle
n’hésite, de plus, d’entremêler des éléments empruntés à la tradition
religieuse chrétienne, comme le thème de la résurrection, et les marier avec
les rituels des mythes primitifs, en créant ainsi, après avoir mis en contact
pluisieurs démarches interculturelles, une sorte de culte diachronique et
transculturel[xviii].
Margarita Lymperaki éprouvant toujours le sentiment
de la marginalisation et de la double existence, accentuée par l’hantise de
l’émancipation féminine, puise dans la boîte à outils des mythes antiques
quelques situations types qu’elle usine ensuite à sa façon originale[xix]
pour en faire naître ses propres histoires intemporelles. De plus, elle a
objectivé sous une forme narrative des situations subjectives et des thèmes
autobiographiques[xx]. Du quotidien et de
l’ordinaire, Lymperaki a pu créer le mythique et l’imaginaire[xxi].
Elle connaît à fond les concepts littéraires aussi bien de l’Antiquité que
de l’Occident, tout en les ornant de références attendries aux lieux de sa
propre vie.
Avec Diaspora[xxii],
la dernière œuvre de M.Lymperaki, qui consiste à un scénario bilingue, écrit en
partie en grec, et en partie en français dont l’histoire se déroule en
France, en Grèce et en Asie Mineure, le lieu des racines, en construisant un
vrai « ménage à trois » pour la protagoniste. le trajet identitaire
de Lymperaki, lancé avec son premier roman, Les Arbres[xxiii], atteint sa fin, résumé
dans la réponse de Sikelianos à la question posée par Liberaki au début de son
premier roman, sur l’immobilité des arbres : les arbres marchent avec
leurs racines, sans cesse, profondément et patiemment vers leurs sources[xxiv].
La Grèce lointaine et absente, a pris de dimensions mythiques et devint pour
Lymperaki, de peur de perdre sa grecité,[xxv]
l’obsession d’un fantôme qui la poursuivait : « La Grèce-fantasme me
chasse. La Grèce absente est toujours devant moi »[xxvi].
Un autre auteur francophone
grec, Vassilis Alexakis[xxvii], à
travers son propre mythe personnel, dans un milieu qui se veut multiculturel,
enjambe le risque de miner son auto-détermination identitaire, s’assure sur sa
propre originalité au-délà de ce mosaïque et, acquiert finalement une dimension
universelle. A première vue, les notions du mythe personnel et celle de la
mondialisation semblent apparemment radicalement opposées: le personnel contre
l’universel. Le cas d’Alexakis, au contraire, témoigne comment le personnel,
par sa nature en plein devenir, peut traverser plusieurs étapes et acquérir,
enfin, des dimensions universelles, le plus souvent ancré dans le local.
Représentant typique de tout expatrié, avec le recul constant à sa propre
situation d’émigré, il crée un jeu de dédoublement identitaire, visant à
décider à quelle culture (celle de naissance, la grecque, ou celle d’adoption,
la française) il appartient.
Vassilis Alexakis,
auteur de référence de la littérature francophone grecque, faisant part de la
diaspora culturelle et intellectuelle grecque, après la publication de son
roman Contrôle d’identité,[xxviii] à titre
apparement significatif, où l’auteur est doublé d’un personnage hanté par la
quête de son identité, publie, en 1989, son récit autobiographique[xxix], Paris-Athènes [xxx], avec lequel
il ouvre grande la porte de la parfaite illustration de la situation
universelle de l’écrivain grec de la diaspora. D’un ton profondément
confessionnel, l’auteur évoque les efforts d’un individu de ne pas être
assimilé totalement par la société française, voire la société d’accueil, sa
prise de conscience de mieux s’exprimer en français qu’en grec. De ce discours
confessionnel émerge une mélancolie provenue de la fatigue de vivre une sorte
de « bigamie » ou de « menage à trois », autrement dit ce
perpétuel « entre-deux », entre Paris-Athènes, - l’ordre privilégiant
la destination préférée[xxxi].
Avec son roman La
Langue maternelle[xxxii] Vassilis
Alexakis se réconcilie avec ses racines grecques, tout en restant aux seins de
la langue française. Le retour du héros narrateur par l’évoquation d’une série
d’événements vécus dans leur majorité au pays natal, l’obligent de se
rapproprier de sa langue et de sa culture maternelles, lesquelles il a failli
oublier, en racontant les aléas de ses recherches, et en notant dans un carnet des
mots qui commencent tous par un « epsilon »[xxxiii]. Ces mots, quarante au total, composent le
«portrait » d'une absence, l’absence de la mère, morte peu de temps avant.
Pour Alexakis, la recherche de la langue maternelle est bien plus qu’un
divertissement. A chaque fois qu’il retrouve un mot oublié, c’est sa mère qui
réapparaît devant lui, c’est comme il restaure son passé. L’enquête sur la
lettre « E » n'est pas anodine. Elle prend même, peu à peu, une
dimension existentielle. A la fin de son enquête, le narrateur semble avoir trouvé la réponse à
l’énigme qui le hante: le sens de la lettre « E » est l’équivalent du
manque, du grec ellipsis. La mort de
sa mère correspond à son tour à une sorte d’éventuel découpage brutal et
violent de ses racines ou évidement au dénuement du lien principal avec sa
culture maternelle.
Alexakis utilise ses romans
pour investiguer des problèmes aussi bien personels qu’universels. Il s’inspire
fortement du local pour écrire des romans dont les problématiques n’en sont pas
moins universelles : l’idenité, la rupture, l’isolement, la mort, l’amour.
Les histoires qu’il raconte sont profondément ancrées dans le personnel, mais
elles recoupent systématiquement l’universel. On rencontre chez Alexakis une
sorte d’individualisation des types hymains, à l’épreuve du mondial, le lieu
d’action élevé au niveau du macrocosme vue
sous le prisme de la distance de la perspective d’une personne vivant sur les
bords. Ce qui fait la sensation
d'Alexakis vraiment déplacée et exilée en France est principalement cette
manipulation des images qui semblent opérer son passé. C'est la liberté et la
solitude de ceux qui n'appartiennent plus à un endroit, qui sont exilés de leur
passé et de leur traditions, la liberté et la solitude de ceux qui écrivent
dans un village, disons,
« global ». Et il semble qu’il est seulement dans la solitude
et dans le silence de l’écriture que les exilés contemporains peuvent trouver
leur patrie. A
cet égard et bien qu’elle se situe en dehors de la littérature française ou
grecque, l’œuvre d’Alexakis est une allégorie qui vise à donner une image à la
fois historique et actuelle de l’identité. Chacun de ses livres est une «stèle bilingue»[xxxiv]. En fait, et de façon
exemplaire, toute narration, toute biographie ou autobiographie, tout témoignage
est pour Alexakis d’abord écriture, une double «scène des langues»[xxxv] qui s’entre-lisent et
entre-disent. Œuvrant dans la langue adverse pour planter racines, dans l'âge de l'hybridation linguistique, Alexakis
souligne son état d’exil par sa aliénation linguistique, par une langue
ordonnée, une langue enracinée dans le sol de du pays natal et le paysage,
imbibée de la vie domestique et des objets du pays d’accueil.
L'expérience
de l’héritage des deux pays coexistent en ses romans, provocant la tradition
littéraire. C’est pourquoi les romans d’Alexakis discutent l’état postmoderne
en préservant toujours dans les mots la valeur de la mémoire et l’acquis
culturel de l'histoire et en plus, essayant d'empêcher la généralisation et
l'oubli collectif.Alexakis
opère cette douloureuse réécriture, alternée et altérée en l’occurrence des
récits et rémoignages du passé. Si l’on considère l’ensemble de l’œuvre, on
note aisément qua l’essence de l’écriture d’Alexakis est à plusieurs égards
moins la quête de quelque identité que celle de la singularité dans l’altérité. Écrire dans la langue de
l’Autre, c’est se voir vu par l’Autre, absent à soi-même. La réponse
au dilemme qui le hante est donnée à travers une langue africaine «mineure», le
sango, qui lui fraye le passage à s’esquiver de la bipolarité France-Grèce et
qui érige son écriture au rang mondial, puisque c’est une écriture qui implique
le sentiment non seulement d'appartenir à une même communauté solidaire, d'en
partager les valeurs par delà les nationalités, les frontières et les cultures,
mais aussi et surtout de respecter l’autrui, avec ses différences, en faveur de
la diversité culturelle et du plurilinguisme. Vassilis Alexakis, arrive à concilier la littérature, ce lieu
d’accueil et d’exercice de l’altérité avec la globalisation et ses visées
d’emprise et de gain, en créant une littérature hors même des limites de la
littérauture européenne ou francophone visant à la notion de Weltliteratur proposée par Gœthe selon
des paramètres nouveaux, laquelle élargisse beaucoup l’horizon d’attente de son
œuvre et elle ouvre grande la porte à un public interethnique. Auteur enfin accepté non pas seulement par le
public français ou grec, (finissant par être considéré grec par les Grecs et
français par les Français)[xxxvi], francophone ou grecophone,
mais aussi d’un public au rang universel, hanté presque toujours d’une quête
identitaire sous plusieurs formes, qu’est-ce qu’il reste, à la fin, de son
identité ? L’auteur se veut un peu comme les footballeurs :« […]
Moi, je joue un peu en France »[xxxvii].
L’essence de la problématique
de ces deux auteurs francophones grecs, une essence métissée, résultante d’une
longue procédure d’inflitration de deux cultures, au fil des différentes
divergences et convergences, se trouve assise dans une solution
ultime de réconcilier les deux langues et les deux cultures, arrivée au bout de
sa démarche vers ses racines[xxxviii].
Les thèmes de la diaspora, de l’exil politique et la manque de liberté, de
l’immigration, de la quête identitaire à travers un itinéraire de plein Paris
jusqu’aux monuments anciens grecs parmi lesquels glisse l’image de la Grèce
moderne, dominent. Au fil de leurs œuvres, ils composent une
mythologie personnelle, souvent mélancolique, aux tonalités de plus en plus
singulières, à travers les portraits de personnages en quête d’eux-mêmes, et
autant de variations sur la famille et les relations entre les hommes et les
femmes, le plus souvent vécue comme une errance hantée par l’absence. Lymperaki
hantée par la quête de l’identité féminine, Alexakis obsedé par la recherche
d’une identité langagière[xxxix],
tout en les exprimant via l’élaboration de thèmes universels et
même transculturels, retournent vers leurs racines, en y trouvant enfin un
point d’ancrage solide et réconciliant. Si l’on admet que la mondialisation se propose
d’engendrer un modèle humain uniforme, l’ « homme
unidimensionnel » « l’homme ‘mondial’, c’est-à-dire l’atome
infra-humain, vidé de culture, de sens et de conscience de l’autre »[xl], on comprend pourquoi dans l'âge de la globalisation peut-être plus que jamais,
les auteurs prennent conscience de l'universalité en recherchant dans le local,
dans leur mémoire, dans l’héritage culturel de leur terre et de leur langue.
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NOTES
[i] Cependant, ce n’est pas
un phénomène récent, mais elle fait son début juste après la IIIe croisade, dès
1204, une fois Constantinople fut saccagée par les Latins et certaines régions
grecques furent dominées par les Francs. Pour une présentation minutieuse de la
cause da la francophonie grecque, voir Georges Fréris, Introduction
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Georges Fréris, « La Littérature francophone grecque jadis et
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Département d’Etudes Françaises de l’Université de Thessalonique, 1997, période
B, v.3, p.65-78.
[ii] L’universalisme (1872; de universaliste) désigne le caractère
d'une doctrine, d'une religion universaliste (mondialisme). A termes
philosophiques, il s’agit d’une doctrine
qui considère la réalité comme un tout unique, dont dépendent les individus (opposé
à l’individualisme, l’atomisme) Voir la Version
électronique du Nouveau Petit Robert,
Dictionnaire alphabétique et analogique
de la langue française, de Paul Robert, (texte remanié et amplifié sous la
direction de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey), Paris / Bruxelles, Le Robert -
Bureau van Dijk, 1996.
[iii] W. Krysinski, «La fin du siècle :systèmes
littéraires et « régimes globalitaires »», dans Literatur im Zeitalter der Globalisierung, in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben
von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg,
Königshqusen & Neumann,.2000, p.154.
[iv] M. Calle-Gruber, «Pour une analytique de la
globalisation-Littératures de l’altérité :l’exemple d’Assia Djebar», in Literatur im Zeitalter der Globalisierung,
(herausgegeben von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst
Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann, 2000, p.208.
[v] M.-L Pratt, « Comparative Litrature and Global
Citizenship », in Comparative
Literature in the Age of Multiculturalisme,
Ed.C. Bernheimer, Baltimore,
[vi] W. Krysinski, «La fin du siècle :systèmes
littéraires et « régimes globalitaires »», dans Literatur im Zeitalter der Globalisierung, in Literatur im Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben
von Manfred Schmeling, Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg,
Königshqusen & Neumann, 2000, p.153.
[vii] O. Paz., Une
planète et quatre ou cinq mondes. Réflexions sur l’histoire contemporaine,
TR. J.C.Masson, Paris, Gallimard, 1985, p. 8.
[viii] Cinq siècles avant la création
et la discussion intense du terme «globalisation», à la fin du XXe
siècle, la conquête coloniale amorça, il y a cinq cents ans, la première phase
d’une globalisation planétaire, non seulement militaire et politique, mais
également économique et culturelle.
[ix] M.-G Ambrosioni., « Exil
global », in Literatur im Zeitalter
der Globalisierung, Literatur im
Zeitalter der Globalisierung, (herausgegeben von Manfred Schmeling,
Monica Schmitz-Emans und Kerst Walstra), Zürzburg, Königshqusen & Neumann,
2000, p.261.
[x] Voir le livre de la
spécialiste de l’autobiographie féministe, Shari Benstock, The private self : Theory and practice of Women autobiographical
Writings, Routeledge,
[xi] Charles Mauron, Des Métaphores obsédantes au mythe personnel, Paris, Corti, 1963.
[xii] Claude Abastrado, Mythes et rituels de l’écriture, Bruxelles, Ed. Complexe, 1979,
p.11.
[xiii] Voir Naissance
de la psychanalyse, trad. franç., Paris, PUF, 1956.
[xiv] Vocabulaire
de la psychanalyse, P.U.F., 1967, cité in Claude Abastrado, Mythes et rituels de l’écriture,
Bruxelles, Bruxelles, Complèxe, 1979, p. 17.
[xv] Née à Athènes et élevée par son grand-père,
l’éditeur Yorgos Fexis, après le divorce de ses parents, Maragarita Lymperaki
(1919-2001) a fait son premier voyage à Paris, à l’âge de six ans. Une fois ses
études de droit à l’Université d’Athènes terminées, elle se dévoue à l’
écriture. Installée sédentairement à Paris en 1946, à l’époque de la guerre
civile grecque, période riche en mouvements littéraires et philosophiques en
France, Lymperaki fait la connaissance d’ écrivains éminents de son temps,
comme Albert Camus, Eugène Ionesco et Samuel Beckett, ainsi que ses
intellectuels grecs, Elytis, Kambas, Axelos, Papaïoannou et Castoriadès. Influencée
des idées littéraires européennes et des théories existentialistes puis
marxistes, elle apporte des traits modernistes et novateurs à son œuvre. Sa
production littéraire, créée en France et en Grèce et composée tantôt en
français, tantôt en grec, très souvent est traduite par elle-même, tout en
essayant de « retrouver » la langue maternelle qu’elle avait
« trahie ». Dans la présente
étude, on cite seulement les éditions française de ses oeuvres : L’Autre Alexandre, adaptation du roman homonyme au théâtre, écrite en grec mais initialement
mise en scène en français, à l’Alliance Française, à Paris, en 1957, éditions
Gallimard, Les Danaïdes, Gallimard,
Paris, 1963, Le Saint Prince,
Gallimard, Paris, 1963, Sparagmos,
revue Lettres Nouvelles, octobre–novembre
1967/ C.Bourgois, Paris, 1973, Erotica, C.Bourgois, 1974, To Mistiko Krevati est écrite d’abord en français, en 1967 ;
puis en grec en 1972 et publiée par les éditions Εrmis, en 1980, L’Autre
Alexandre, Paris, Gallimard, nrf, coll. « le manteau d’arlequin »,
1957, Les Trois Etés, (traduit du
grec par Jacqueline Peltier), Paris, Gallimard, nrf (8e édition), 1950.
[xvi] Margarita Liberaki, Theatrika
Tetradia, n° 31, Thessalonique, mars 1977, p. 3.
[xvii] « Mythe, théâtre, meurtre »,
(interview de Margarita Liberaki à Maria Papagiannidou), To Vima, 6-7-1997.
[xviii]Voir Olympia Antoniadou, « Margarita
Lymperaki en quête de l’identité à travers la mythologie grecque et
personnelle », La Francophonie dans
les Balkans : Les voix des femmes, Paris, Publisud, 2005, p.51-71.
[xix] Voir aussi Olympia Antoniadou,
« L’élaboration du mythe du Roi Candaule
à travers l’oeuvre d’André Gide et de
Margarita Limberaki », Inter-Textes, Thessalonique, 2002, no 4, p. 177-190.
[xx] Sahinis Apostolos, Nouveaux prosateurs. Vingt ans de prose néo-hellénique : 1945-1965, (en grec), Librairie
d’Estia, Athènes, 1965, p.78.
[xxi] Sahinis Apostolos, op.cit., p. 76.
[xxii] M.Lymperaki, Diaspora, Athènes,
Kastaniotis, 1999.
[xxiii] M.Lymperaki, Les Arbres, Athènes, éd. I Fili tou vivliou, 1945 / Kastaniotis,
1993.
[xxiv] Lettre d’A.Sikelianos à M.Liberaki
(25-7-1945), parue à la deuxième édition du roman Les Arbres, op.cit., p.10.
[xxv] Lymperaki avoue cette peur dans sa note à la
fin de son oeuvre Pour l’Absent. Rite vesperal, Athènes, Kedros, 1970, p. 33 et dévoue son oeuvre aux amis absents, à ceux qui
ont perdu leur mémoire aux pays étrangers, à ceux qui ont oublié leur langue et
souffrent p.15.
[xxvi] Margarita Liberaki, Diaspora, op.cit., p. 19 ( la traduction est effectuée par nous).
[xxvii] Né à Athènes, Vassilis Alexakis (1943-), après
ses études à Lille, regagne la France en 1967, une fois le coup d'Etat en Grèce
éclaté. Passé d’abord par le journalisme et le dessin humoristique, il
publie plusieurs romans, en écrivant alternativement en grec et en français.
Auteur de plusieurs romans, aphorismes, essais, nouvelles ainsi qu’histoires
illustrées pas ses propres dessins, il se trouve dans un perpétuel va-et-vient
entre Paris, Athènes et Tinos. Oeuvres : Le Sandwich, (roman),
Julliard, Paris, 1974, Les Girls
du City-Boum-Boum, (roman), Julliard, Paris,1975, réédition : Seuil, coll. “Points Romans”, no
547, Paris, 1992, La Tête
du chat, (roman), Seuil,
Paris, 1978, Talgo, (roman),
Le Seuil, Paris, 1983 (épuisé), réédition: Fayard, Paris,
1997, Contrôle d’identité, (roman), Le Seuil, Paris,
1985 (épuisé), réédition: Stock, Paris, 2000, Paris-Athènes, (récit), Le Seuil,
Paris, 1989 (épuisé), réédition:
Fayard, Paris, 1997, Avant, (roman),
Le Seuil, Paris, 1992, (prix Albert Camus), La
Langue maternelle, (roman), Fayard, Paris, 1995, (prix Médicis); Le Livre
de Poche, no 14038, 1996, Papa,
(nouvelles), Fayard, Paris, 1997, (prix de la Nouvelle de l’Académie
française); Le Livre de Poche, no 14639, 1999, Le Coeur de Marguerite, (roman), Stock, Paris, 1999; Le Livre de Poche,
no 15332, 2002, Les Mots étrangèrs, (roman), Stock, Paris, 2002, Je t’oublierai tous les jours, Stock,
Paris, 2005.
[xxviii] V. Alexakis, Contrôle d’identité, Paris, Éditions du Seuil, 1985.
[xxix] Sur les éléments autobiographiques du roman Paris-Athènes, voir Nicole Ollier,
« Vassilis Alexakis à la Médiathèque de Talence », dans Desmos/le lien, Paris, no :6,
6/2001, p.35-45.
[xxx] V. Alexakis, Paris-Athènes, Paris, Éditions du Seuil, 1989.
[xxxi] Olympia G. Antoniadou, « Mondialisation
et identité: le cas de Vassilis Alexakis», Agora,
Revue d’études littéraires, Université « Babes-Bolyai », Faculté
des lettres, Cluj – Napoca, Roumanie, (à paraître).
[xxxii] V. Alexakis, La Langue maternelle, Paris, Fayard, 1995. Pavlos, le narrateur,
journaliste à Paris depuis plus de vingt ans, retourne à Athènes sans raison
apparente. Perplexe, désœuvré, il observe la ville, ce qui se passe autour de
lui. Il laisse son attention s'arrêter sur une question a priori sans
conséquence: pourquoi une lettre isolée, l'epsilon, ornait-elle l'entrée du
temple d'Apollon où officiait la Pythie de Delphes? Pavlos se prend au jeu de
cette énigme. Il mène une enquête déambulatoire qui l'entraîne dans les rues
d'Athènes, aux terrasses des cafés, dans les bibliothèques, chez son frère en
province, à Delphes, mais avant tout dans sa langue maternelle qu'il avait
oubliée.
[xxxiii] Ce « epsilon » est l’appelation de
la lettre « e » en grec.
[xxxiv] Expression empruntée à Mireille
Caulle-Gruber, op.cit., p. 214.
[xxxv] Mireille Caulle-Gruber, op.cit., p. 214.
[xxxvi] Vassilis Alexakis a reçu plusieurs prix
littéraires aussi en France qu’en Grèce et il est aussi inclu dans le Dictionnaire des auteurs français paru
en 1997.
[xxxvii] Interview de Vassilis Alexakis à Paris Spinou,
Kiriakatiki Eleftherotipia, juillet
2003, p.24. Traduction faite par nous.
[xxxviii] A ce propos, rappelons l’observation de Lise
Gauvin sur le cas particulier de l’auteur francophone : « Condamné à
chercher cette autre langue ou cette troisième langue qui lui appartient en
propre, il n’en participe que mieux de cette expérience des limites […] qui
s’appelle Littérature ». Lise Gauvin,
L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris, Karthala,
1997.
[xxxix] Voir Olympia Antoniadou, « L’exil de la
langue maternelle à l’époque de la mondialisation », Actes du Colloque
« mythe et Mondialisation », Suceava, 2005 (à paraître).
[xl] Pratt, « Comparative Litrature and Global Citizenship », in Comparative Literature in the Age of Multiculturalisme, Ed.C. Bernheimer,
Baltimore,